mercredi 13 avril 2011

Religion (Part. 2)

A mon tour de prendre la parole à propos de notre choix de nous marier religieusement. De mon côté il m'a également semblé évident qu'en me mariant, il y aurait forcément un passage à l'église. Il est vrai aussi que si mon futur mari avait été réticent à cette idée, je me serais certainement contentée d'un mariage civil ; mais je pense qu'il m'aurait manqué quelque chose. Je ne viens pas d'une famille pratiquante, mais étant d'origine bretonne et italienne, la religion a toujours été présente. Certes, une présence discrète rythmant les moments importants de la vie de famille des uns et des autres, mais une présence tout de même. J'ai toujours vu chez mes grands-mères des signes religieux… j'ai été baptisée, mes parents se sont également mariés à l'église… mon père est marin, et comme beaucoup de marins, la confrontation aux éléments questionne sur l'existence de forces qui nous dépassent. Nous fêtons Pâques, Noël… Et mes études à l'école du Louvre ont pas mal contribué aussi à développer ma curiosité vis à vis des cultures religieuses (d'ailleurs pour illustrer cet article, une œuvre qui m'a toujours beaucoup touché, la vierge de l'annonciation par Antonello da Messina).

Je crois qu'en prenant la décision de nous marier à l'église, nous souhaitions qu'il y ait un aspect plus spirituel à notre engagement. Le mariage civil a pour moi une valeur fondamentale, car c'est une manière de dire à la société civile que Bruno et moi prenons un engagement. Mais en nous mariant devant Dieu, c'est avant tout un engagement que nous prenons l'un envers l'autre, pour nous, et pour nous seuls.

La préparation au mariage, qui certes au départ ne me réjouissait pas vraiment, s'est avérée une découverte agréable, un moment de déconnexion avec le quotidien qui m'a fait beaucoup de bien et m'a permis de "cerner" cette spiritualité que j'avais en moi et que je n'assumais peut-être pas… Non pas que je me qualifierais aujourd'hui de catholique fervente ou pratiquante, mais en tout cas, cela m'a confortée sur certaines interrogations que je pouvais avoir. Nous avons pu discuter de beaucoup de sujets que nous n'aurions peut-être pas abordé immédiatement avec Bruno, et même si souvent la vision du couple (et surtout de la femme) me paraît passéiste et peu en accord avec mes convictions féministes, les thèmes abordés permettaient de mettre avant des valeurs importantes à mes yeux, et que par égoïsme nous mettons fréquemment de côté.


Laëtitia